Le harcèlement sexuel en Haïti, une banalité

Le harcèlement sexuel, qui est une sorte d’intimidation et de domination par des propos et des actes à caractère sexuels, est connu partout dans le monde. Cependant, à certains endroits, il est beaucoup plus flagrant que d’autres, jusqu’à ce que cela fasse partie du quotidien, devenant quelque chose de banal. C’est le cas d’Haïti, où le mot harcèlement, proprement dit, ne figure même pas dans le code pénal mais où il est considéré comme étant une agression sexuelle (non violente) et est donc punissable comme tel.

Je n’aurais jamais cru à quel point le harcèlement peut être à la fois frustrant et pénible, si je ne le subissais pas quotidiennement. On ne peut pas porter un legging, une mini jupe ou même un jean normal sans que les regards des passants ne vous réduisent à un objet sexuel, quand ils ne vont pas jusqu’à vous lancer des propos obscènes et dégradants. Ce qui arrive très souvent.

Certains le font innocemment, tant c’est banal. Ils croient vous honorer en vous mentionnant vos rondeurs mais ne soupçonnent pas tous les sentiments qui vous assaillent sur le moment: La peur, la pression, l’insécurité, l’impuissance etc. Si vous ne voulez pas vous faire harceler alors ne sortez plus du tout, car peu importe ce que vous portez, une mini-jupe ou une robe de grand-mère, ils trouveront toujours le moyen de vous insulter ou de faire une blague sexiste.

Le harcèlement vous suit partout: au boulot et à l’université notamment. Des professeurs qui assignent de bonnes ou de mauvaises notes, ou encore des patrons qui révoquent arbitrairement. Les victimes sont souvent réduites au silence car faire face à un ou des harceleurs n’est pas une mince affaire. Surtout si votre avenir en dépend.

Ainsi, les victimes sont doublement victimes. Ils subissent le harcèlement et se résignent à le subir car porter plainte peut s’avérer un vrai casse-tête et les suivis judiciaires ne sont pas garantis. Certes, le harcèlement est punissable mais on le prend au sérieux que quand il prend des tournures plus graves et aboutit au viol ou à d’autres violences sexuelles.

Parfois, les victimes ont aussi tendance à se culpabiliser. Ils pensent que s’ils sont harcelés c’est uniquement de leur faute, que le problème vient d’eux car c’est eux qui le provoquent alors qu’il n’en est rien du tout. Ce sont des victimes qui ignorent qu’ils sont victimes. Les harceleurs peuvent user de tous les moyens : le chantage, la pression, l’exhibitionnisme, les mauvaises blagues, les attaques directes et même d’un compliment à connotation sexuelle ou d’un regard sensuel, et ils peuvent aussi être n’importe qui : Un(e) patron(ne), un(e) professeur(e), un(e) collègue, un(e) ami(e), une connaissance, un passant ou même un membre de sa famille et sur les réseaux sociaux en particulier, ils pullulent.

Combattre le harcèlement est un défi de tous les jours. Savoir dire « NON » est nécessaire. Un « non » ferme et énergique qui peut très bien faire comprendre que cela ne vous plait pas, c’est la meilleure façon de se défendre. Se maitriser est primordial et à moins d’avoir une très bonne répartie qui peut désamorcer la situation en douceur, Faites un scandale. La dernière chose à quoi s’attend votre harceleur est que vous lui parlez calmement, ca peut le déstabiliser. Si vous jouez les timides ou si vous riez jaune, votre message ne sera pas clair. Et si malgré tout, vos paroles n’ont aucun effet, faites lui une scène, l’important c’est de ne pas garder le silence. Parlez-en à quelqu’un d’autre s’il le faut, ce serait plus facile de gérer le problème car c’est un devoir de ne pas tolérer les avances d’un harceleur.

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Andeve

Femme je suis. J’écris pour dire la vie. J’écris pour dire le monde. Vus d'en bas. Appelez-moi Andeve !

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