Nymphomanie : entre angoisse et plaisir

La nymphomanie est souvent comprise à tort © Pixabay

La nymphomanie est le terme qui désigne une grande dépendance sexuelle. Elle vient de deux mots grecs : Nùmphê qui veut dire « Nymphe » et Mania qui désigne « Folie ». Elle est dérivée du mot grec Nùmpholêptos qui signifie « être en rut ». En effet, les « nymphos » sont toujours en quête de plaisir. Et quand elles (ils) le trouvent, elles (ils) le recherchent encore. C’est devenu une drogue, une addiction. Certain(e)s ne sont jamais satisfait(e)s, et pourtant d’autres le sont facilement mais tiennent à garder tout le temps cet état de bien-être et de plaisir.

La nymphomanie est souvent comprise à tort. Ça peut attirer, choquer, ou susciter des interrogations. Nombreux sont ceux qui trouveraient cela excitant de rencontrer une nympho, reste à savoir s’ils pourraient tenir le coup très longtemps. Chez moi, en Haïti, cette maladie est encore méconnue pour la grande majorité. Certains seraient même étonnés d’apprendre que c’est une maladie physique et psychique. Et ce sont ceux la même qui traitent souvent les victimes de pute à tout bout de champ parce qu’ils n’arrivent pas à les satisfaire ou que celles-ci soient toujours excitées, toujours à la recherche du plaisir ou accumulent les partenaires. Car une nympho arrive difficilement à s’attacher.

Celles-là même qui en souffrent peuvent l’ignorer. Et néanmoins, n’oseraient jamais en parler de peur d’être jugées de dépravées, de dévergondées et de plein d’autres qualificatifs tous plus dégradants les uns que les autres. Alors, elles partent seules à la chasse au plaisir sans jamais en parler à personne ou du moins avec réserve. Une amie nymphomane m’a avouée qu’elle s’en fout pas mal qu’on la traite de fille aux mœurs légères car elle ne vit que pour elle et, de toute façon, on ne pourra pas la comprendre ni comprendre ce qu’elle ressent.

Halte à ceux qui pensent que l’hyper-sexualité concerne uniquement les femmes. Les hommes aussi peuvent être atteints. Dans ce cas, on parle de satyriasis. Mais eux, ils sont moins exposés au regard en coin de la société. Au contraire, ils sont considérés comme des play-boys, des machos, de vrais coqs en somme et on les ovationne, surtout s’ils sont biens montés… Autant dire que l’égalité sexuelle entre hommes et femmes est quasiment nulle.

Avoir un grand besoin sexuel de temps à autre et aimer le sexe ne veut pas dire automatiquement être nymphomane. On est atteint de la maladie quand ce besoin devient une obsession et engendre des souffrances et un repli sur soi même. C’est un déséquilibre mental dont on ne connait pas la cause exacte mais qui touche le plus souvent les dépressifs et ceux qui ont un constant besoin de se sentir aimé et désiré ou un besoin d’attention.

Pour certaines femmes,  le sexe est devenu une drogue, une addiction - &copy Pixabay

Pour certaines femmes, le sexe est devenu une drogue, une addiction – (c) Pixabay

Pour ceux qui en souffrent, des thérapies et des soutiens de groupes sont conseillés car il n’existe pas vraiment de médicament pour guérir. La première étape c’est de prendre conscience qu’on est malade et surtout de vouloir guérir. Pourtant il s’avère que cette solution n’en est pas vraiment une. Vouloir guérir ne suffit pas, il en faut aussi les moyens. Ici, aller voir un psy ou faire partie d’un groupe de soutien est encore un luxe que l’on ne peut pas tous se payer (il est déjà très difficile pour certains de ces malades de pouvoir se nourrir correctement). Et, justement, pour garder un train de survie à peu près normal et pour prendre soin de leur grande famille, certaines filles usent de leur maladie pour gagner leur pain. Un business qui peut s’avérer bien rentable. Ainsi, elles font d’une pierre deux coups. Du plaisir, de l’argent. Au détriment de leur santé. Celles qui veulent vraiment guérir doivent donc avoir une grande volonté pour arriver à se prendre en main et trouver une oreille attentive, prête à les aider.

À propos de l'auteur

Andeve

Femme je suis. J’écris pour dire la vie. J’écris pour dire le monde. Vus d'en bas. Appelez-moi Andeve !

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4 Commentaires

  1. Mes félicitations pour ce bon article. Une belle manière de traiter un sujet aussi délicat et fragile. Tout a pour but ,dans votre article, d’aider la femme à mieux se comprendre pour s’émanciper, s’ouvrir magnifique au monde.

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