Verlaine : deux sœurs dans une pension

La poésie est indéfinissable, dit Madame de Staël et le poète est un héros possédant le don de révéler toute la poésie de l’âme. D’autres part, « la poésie c’est ce qu’on rêve, ce qu’on imagine, ce qu’on désire, ce qui arrive, souvent » dit Jacques Prévert. Pour décrire toute la beauté du monde, le poète jongle avec les mots, les berce, les caresse et les embellit. C’un genre qui touche à tout. L’amour, La nature, l’enfance, La patrie, la joie, la tristesse, la mort, la tendresse et aussi l’érotisme. Un terme qui à lui-seul est poésie et art.

Paul Verlaine (1844-1896), surnommé « Le poète maudit », est l’un des plus grands poètes du 19e siècle français. Jugé et condamné pour avoir blessé son amoureux Arthur Rimbaud, c’est après avoir été en prison qu’il écrit Parallèlement, une œuvre érotique en vers, publié en 1889, dans laquelle figure Pensionnaires , Un sonnet très passionnant et plein de sensualité dans lequel l’auteur fait l’éloge des amours lesbiennes et qui est chanté par Léo Ferré. Il relate une scène érotique entre deux filles, deux pensionnaires, deux « sœurs ». Elles ont environ quinze ans, elles dorment dans la même chambre, et, par un soir de septembre, elles ont fait l’amour tendrement. Il est difficile de gouter en une seule fois toute la poésie qui dégage de ces mots faits de rien mais que l’auteur a rendus sublimes, c’est un poème fait pour se régaler et se délecter. Je le partage ici pour tous les amoureux de l’érotisme et de la poésie.

Pensionnaires

L’une avait quinze ans, l’autre en avait seize;
Toutes deux dormaient dans la même chambre.
C’était par un soir très lourd de septembre:
Frêles, des yeux bleus. des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l’aise,
La fine chemise au frais parfum d’ambre.
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa sœur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche
Et tumultueuse, et folle, et sa bouche,
Plonge sous l’or blond, dans les ombres grises;

Et l’enfant, pendant ce temps là, recense,
Sur ses doigts mignons des valses promises,
Et, rose, sourit avec innocence.

VERLAINE, Paul. Parallèlement,1889.

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Andeve

Femme je suis. J’écris pour dire la vie. J’écris pour dire le monde. Vus d'en bas. Appelez-moi Andeve !

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1 Commentaire

  1. Certains diront dtoi etre la minifestation probante de cette generation pervertie sans penser que la physiologie est la chose la mieux partage sur la planette.
    On connait tous la faim,la soif,la defecation… On a tous egalement nos organes sexuels qui sous l emprise hormonale dictent des choses que l on controle difficilement.
    Homme ou femne,pourquoi se mettre derriere une poutre pour ce qui est de parler d un phenomene dont peut decouler une progeniture qui dans un sens ou dans l autre dominera le monde.
    Si nos peres,de peur de nous « gater » se sont pulluler dans le noir,il faut bien une voix dans le silence ,une chandelle dans l obscurite.
    Une bonne education sexuelle,les jeunes en ont besoin!!
    Go ahead Andeve!!!

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